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Alliance Sport-Études

Fondation Desjardins Bursary winner – Dorothy Yeats

Congratulations to Pure & Applied Science and Sport Études student Dorothy Yeats for winning two bursaries. She won one of $5000 from RDS (Le Réseau des Sports) and another of $500 from Fondation Desjardins.

 

Learn more about Dorothy by reading  Jacques Laplante’s athlete profile as it appeared in Le Journal de Montreal on April 13, 2013.

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Photo by: Tess Buxar

À moins que le ciel lui tombe sur la tête…

 

Jacques Laplante

Journal de Montréal, Publié le: samedi 13 avril 2013, 19H16 | Mise à jour: samedi 13 avril 2013, 20H11

Dorothy Yeats

  • Âge : 19 ans
  • Sport : Lutte olympique (67 kg)
  • Établissement scolaire : Collège Vanier
  • Programme : Sciences pures
  • Moyenne scolaire : 88,5 % (Cote R : 33.205)
  • Objectif de carrière : Génie
  • Objectifs sportifs : Remporter les Championnats du monde junior de Bulgarie en août ainsi que sénior de Hongrie en septembre, et gagner aux Olympiques de 2016 à Rio.

 

À moins que le ciel lui tombe sur la tête, la lutteuse olympique Dorothy Yeats connaîtra une carrière olympique extraordinaire, et qui sait, peut-être même surpassera-t-elle celle de son père, Doug, lui aussi lutteur, et qui a représenté le Canada à quatre Jeux olympiques entre 1976 et 1992.

Le talent de cette jeune Montréalaise de 19 ans ne fait aucun doute. Dès ses débuts, en 2008, on savait qu’on avait affaire à une lutteuse exceptionnelle. Six mois seulement après avoir commencé la lutte olympique, Dorothy, alors âgée de 14 ans, avait remporté le Championnat canadien chez les 16 ans et moins. Elle l’a d’ailleurs remporté chaque année ensuite.

D’OR ET D’ARGENT

«J’ai un bon souvenir de cette première victoire», raconte notre 20e candidate au concours des Bourses d’études jeunes athlètes du Journal de Montréal/Journal de Québec/RBC. «Mon père, qui était aussi mon coach, m’avait dit que ma victoire l’avait rendu plus heureux qu’il ne l’était lui-même quand il gagnait. Faut dire qu’il a dit la même chose quand j’ai gagné les Jeux du Canada à l’Île-du-Prince-Édouard en 2009, et encore une fois l’année suivante, quand j’ai remporté les Olympiques de la jeunesse à Singapour.»

Et bien, si c’est comme ça, le papa de Dorothy est sûrement un homme extrêmement heureux, car sa talentueuse fille ne perd pas souvent. «Je n’aime pas ça perdre, dit la lutteuse qui croit n’avoir échoué jusqu’ici qu’à cinq occasions, et dans tous les cas, c’était dans un groupe d’âge supérieur au sien. Faut préciser aussi que pour Dorothy, échouer signifie ne pas s’être classée 1re. À défaut d’avoir remporté l’or, elle raflait tout de même l’argent, comme ce fut le cas lors des Championnats du monde l’année dernière. Elle a gagné l’argent dans la catégorie sénior, mais l’or dans sa catégorie, junior.

Exception faite de ses cinq médailles d’argent, Dorothy Yeats a toujours gagné l’or et ce, partout où elle est passée: Championnat canadien, Jeux du Canada, Jeux du Commonwealth, Jeux panaméricains, Championnat du monde, Jeux olympiques de la jeunesse. De l’or, partout!

ÇA JOUE DUR

Si la jeune femme a du talent, elle a aussi énormément de détermination, car pour être à ce point dominante sur la scène mondiale, il n’y a pas de secret; il faut s’entraîner, encore et encore. Trente heures d’entraînement par semaine : trois séances par jour, six jours sur sept. Ajoutons à cela, une alimentation surveillée, de très nombreux voyages et des études en sciences pures au Collège Vanier.

Voilà un rythme de vie aussi exigeant qu’accéléré. Mais quand on affronte les meilleures au monde, on n’a guère le choix. Mieux vaut être prête, car à ce niveau personne ne se fait de cadeau. Dorothy en sait quelque chose. Malgré sa jeune carrière, elle a eu à soigner des blessures aux genoux, aux coudes et aussi une commotion cérébrale. Une adversaire lui a déjà fait de sérieuses entailles à la figure avec ses ongles. Une autre, à la suite d’un coup de tête accidentel, lui a complètement fermé un œil en milieu de combat. Dorothy a quand même remporté l’affrontement. Mais le comble fut sans doute cette profonde morsure qu’une rivale lui a faite à la main. La Montréalaise en garde encore les marques. «Sur le coup, je n’ai rien senti, explique-t-elle. C’est après le combat que j’ai réalisé ce qu’elle m’avait fait. J’avais la main en sang et on voyait très bien les marques de dents.»

Oui, ça joue dure à l’international, mais il en faudra bien plus que ça pour arrêter Dorothy Yates. La jeune femme a de grands objectifs. Elle veut aller aux Olympiques de Rio en 2016 et en revenir avec une médaille d’or. Compte tenu de tout ce qu’elle a accompli jusqu’à ce jour, cet objectif n’a rien d’exagéré. Au contraire, Dorothy a vraiment tout ce qu’il faut pour remporter l’or, non seulement en 2016, mais si ça se trouve, lors de quelques autres rendez-vous olympiques qui suivront; à condition toutefois que le ciel ne lui tombe pas sur la tête. Et malheureusement, c’est ce qui pourrait arriver. Le Comité international olympique (CIO) a décidé de retirer la lutte du programme olympique à compter de 2020. C’est bien la seule chose qui pourrait freiner notre grand espoir canadien. «Je suis quand même optimiste, dit Dorothy. La Fédération internationale va sûrement réussir à les faire changer d’idée. Déjà, ils travaillent à mettre sur pied un comité spécial qui va faire des représentations auprès du CIO.»

C’est à suivre, mais en attendant, il y a les Championnats mondiaux de Bulgarie et de Hongrie et surtout les Jeux olympiques de Rio.

Et c’est sur ça que se concentre la grande championne internationale.

« J’aimerais construire des choses qui ne polluent pas »

Avec une moyenne académique supérieure à 80 % en physique et 90 % en mathématiques, Dorothy Yeats ne devrait avoir aucun mal à faire son entrée en Génie à l’université; ce qu’elle prévoit faire en 2014. Elle s’inscrira à l’Université McGill ou l’Université Concordia.

«Je veux travailler dans un domaine où j’aurai à relever des défis en mathématiques et où il y aura des problèmes de physique qui m’obligeront à me creuser la tête afin de trouver des solutions», explique l’étudiante en sciences pures du collège Vanier.

«Il y a aussi un nouveau programme universitaire qui pourrait m’attirer; la biogénie. L’environnement et l’écologie sont des sujets qui m’intéressent. J’aimerais ça construire des choses qui ne polluent pas et qui respectent l’environnement, alors peut-être que la biogénie serait un bon programme pour moi. Je dois en discuter avec un orienteur et je choisirai ensuite», a dit Dorothy.

Commentaires du coach

Depuis qu’elle a commencé la lutte olympique, il y a quatre ans, Dorothy a fait preuve d’un engagement exceptionnel dans tous les aspects de son sport.

Durant cette courte période, elle s’est démarquée par son implication constante et par des performances sans précédent. Dorothy a dominé tant au national qu’à l’international. Elle a aussi connu une saison 2012 exceptionnelle. Aucun athlète canadien, de catégorie junior, n’a connu autant de succès en lutte olympique que Dorothy. C’est aussi la seule lutteuse canadienne à avoir gagné aux Olympiques de la jeunesse.

Le talent de Dorothy, son engagement dans son sport, sa détermination et son éthique de travail font qu’elle a tout le potentiel nécessaire pour atteindre ses objectifs les plus élevés, dont les Jeux olympiques de 2016.

– Victor Zilberman
Président de la Fédération québécoise de lutte,
Entraîneur en chef de l’équipe olympique